Philosophie

Les arts martiaux sont souvent perçus comme une simple pratique physique et sportive qui permet d’augmenter la résistance du corps ou de renforcer la puissance des êtres humains en développant leur aptitude au combat. Cependant la réalité est toute autre. La simple dénomination de la pratique est composée de deux termes : ARTS qui regroupe les aspects esthétiques et MARTIAUX qui regroupe les aspects guerriers.

 

Le développement des techniques de combat répondait à l’origine à un besoin de défense et de protection. Mais au fil des siècles, cette pratique s’est transformée en art sous l’influence successive des préceptes moraux, philosophiques puis religieux du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme. Les arts martiaux sont devenus non pas des arts du combat mais ceux qui permettent de l’éviter (recherche du sens originel du sinogramme 武 qui peut être traduit par « arrêter le combat, le conflit ou la guerre et ranger l’arme » ou « la voie du contrôle ou de la maîtrise de soi »). Cette mutation et cet enrichissement ont permis aux arts martiaux de trouver leur place dans une société en pleine mutation mais surtout de la pérenniser.

 

Aujourd’hui, les arts martiaux riches de ces deux aspects complémentaires permettent à chaque pratiquant de découvrir un monde, mais aussi de se découvrir soi-même. Dans l’école Nam-Ho-Quyen, l’aspect théorique est rattaché à l’idée des nombres :

 

1 (l’unique), 2 (les complémentaires), 3 (l’équilibre parfait), 4 (les orientations de base), 5 (les éléments), 6 (le double équilibre), 7 (le nombre premier magique), 8 (les orientations de base et dérivées), 9 (les zones de combat).

 

Chacun des cours est imprégné de ces théories. Ainsi les pratiquants découvriront des applications concrètes en utilisant les principes de base (avant-arrière, haut-bas, intérieur-extérieur, rond-droit, souple-dur) qui ne sont que les applications du principe du 2. Ces principes mathématiques et géométriques illustrent d’une certaine manière la philosophie taoïste originaire de CHINE dont le symbole est le yin et le yang [ (am et duong en vietnamien). Mais philosopher, ce n’est pas uniquement disserter d’idées hautes et inaccessibles, c’est aussi et surtout appliquer des principes simples parce que proches du quotidien.

 

On a trop tendance à l’oublier, mais l’art martial commence par le RESPECT, celui des différences et le respect des règles permettant au pratiquant de communier avec une technique ancestrale dont la valeur a pu être conservée au travers de sa rudesse puis de sa rigueur. On peut sentir poindre, derrière des aspects peut-être un peu rebutants et violents de cette discipline, la grandeur et la compassion qui animent les pratiquants. Un autre aspect que j’aimerais évoquer et celui du respect de ses aînés qu’ils le soient par l’âge ou par l’antériorité de leur pratique. En effet, dans notre société consumériste, on oublie fréquemment les basiques… J’ai rencontré trop souvent des êtres dénués de ces nobles sentiments et pour lesquels la RECONNAISSANCE et la GRATITUDE n’ont pas de sens. Au VIETNAM, ces personnes de peu de valeur portent le nom de bôi doi, les poussières d’existence. Le rôle d’une école est, entre autres, d’éduquer et d’élever l’être humain par la rigueur de ses exercices. La rudesse et la dureté des techniques martiales pourraient ne pas être destinées à tous, mais la philosophie en les enrichissant et les complétant, les ont rendues accessibles en les transformant en ART à part entière.

 

Mais quel est donc le but des arts martiaux ? Certainement par ses aspects éducatifs, la formation d’êtres forts et équilibrés, stables et complets, mais surtout VERITABLES qui trouveront tout naturellement leur place dans notre société d’aujourd’hui.

Mis à jour (Jeudi, 02 Septembre 2010 23:15)